Collectif Oasis Réunion

Collectif Oasis Réunion

vendredi, 09 novembre 2018 03:54

ESCOFFIER Eric

« OASIS RÉUNION »
Soutien d'Eric ESCOFFIER
Chercheur et enseignant en permaculture et systèmes régénératifs

 

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Eric ESCOFFIER

 

Chercheur et enseignant en permaculture et systèmes régénératifs
Permaculture et reforestation sans frontières

 

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lundi, 05 novembre 2018 04:38

LAVERGNE Roger

« OASIS RÉUNION »
Soutien de Roger LAVERGNE
Ethnobotaniste et Écrivain

« OASIS RÉUNION » CULTIVE LA SANTÉ

         Une santé florissante dépend des qualités essentielles de notre environnement : une nourriture saine, une eau sans polluants, un air pur sur mesure. Avoir une bonne santé est le contraire d’être malade. Fuir les cancers est salutaire. Pour cela, il faut dire non aux poisons qui s’insinuent dans notre alimentation. Renoncer aux fruits et légumes cultivés avec des intrants chimiques est une nécessité.

         Père, mineur de fond, cultivait trois jardins d’ouvrier. Les engrais minéraux N P K, on ne connaissait pas : ces granulés étaient remplacés par du fumier collecté au fil des chemins de la campagne. Avec mes frères, nous allions ramasser des bouses de vaches et des crottins de chevaux, fumure enfouie dans la terre lorsque père la bêchait.

         Avec nos petites mains, nous arrachions les mauvaises herbes. Les pesticides suicidaires étaient trop chers et délétères à nos juvéniles santés.

         Je constatai que mon beau-père ne mangeait que les fruits et légumes de son verger et de son potager. Il était adepte d’une agriculture sans engrais chimiques et sans pesticides. Lui aussi pratiquait l’agrobiologie ou agroécologie. Jamais, il ne consommera des végétaux empoisonnés achetés.

         Il soignait ses belles tomates enfouissant au niveau de leurs racines des orties comme engrais verts, et des fientes de poules comme engrais organiques.

         Résident à Petite Île, mon fils Christophe cotise auprès de l’AREC, association de producteurs bio comme il en existe de plus en plus sur notre île océanique.

         Notre île est-elle une oasis saine et sans reproche ? Ses milliers d’hectares cultivés le sont surtout pour les cannes à sucre. Mais bien rares sont les cannaies où l’on rencontre une flore compagne pour y ramasser sans risque des plantes bénéfiques : brèdes pariétaires, brèdes lastrons, brèdes morel par exemple.

         La presse s’est fait l’écho de nos nappes phréatiques, de l’eau du robinet que nous buvons, polluée par les pesticides utilisés exagérément par les planteurs de cannes. Un champ de cannes est-il « propre » lorsqu’il est privé d’herbes compagnes tuées, anéanties par les herbicides ?  Les paysans doivent avoir conscience d’empoisonner sols et cannes quand ils abusent d’intrants. Quant aux plantes qu’ils mangent, ne prennent-ils pas la précaution de les cultiver sans les poisons de la chimie, donc bio, de manière naturelle ?

 

Roger LAVERGNE

Ethnobotaniste, écrivain
Docteur ès sciences en botanique tropicale appliquée

 

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mercredi, 19 septembre 2018 03:51

RIVASI Michèle

« OASIS RÉUNION »
Soutien de Michèle RIVASI
Députée européenne

Bataillant depuis des années contre les ravages des pesticides sur notre santé et contre l’emprise des mastodontes de l’agro-chimie sur l’évaluation scientifique et la réglementation (je l’ai éprouvé au Parlement européen avec la réhomologation du glyphosate), je défends la nécessité absolue de promouvoir un autre modèle agricole protégeant l’environnement, la biodiversité et la santé des habitants.
 
Aussi, je suis séduite et soutiens avec ardeur le Manifeste Oasis Réunion pour la conversion globale et rapide de l’agriculture conventionnelle réunionnaise à des pratiques plus saines, respectueuses des traditions locales, des savoir-faire traditionnels, des spécificités des terroirs et de leurs microclimats, de la santé humaine et de l’environnement, totalement exemptes d’intrants chimiques, de traitements chimiques, et d’OGM.
Il est capital d’avoir des territoires exemplaires.
En toute cohérence, Faisons de La Réunion, en proie à une grave pollution aux pesticides, la première oasis agro-bio-socio-écologique de l’Océan Indien et le 1er département « zéro phyto - 100% bio et local » de France.
 
Ensemble, inventons les chemins de la transition écologique et solidaire.
 

Michèle Rivasi

Députée européenne

Professeure agrégée de sciences naturelles

Co-fondatrice et première présidente de la Commission de Recherche et d’Information

Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD)

Membre de la Commission Environnement du Parlement européen, spécialiste des questions de santé environnementale http://www.michele-rivasi.eu

Membre co-fondatrice du comité de soutien aux campagnes de Consommateurs pas cobayes ! https://consommateurspascobayes.com

 
 

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lundi, 02 juillet 2018 06:09

MOREL David

« OASIS RÉUNION »
Soutien de David MOREL
Conseiller en Agriculture Biologique à la Chambre d’Agriculture de La Réunion
 

OASIS RÉUNION
Pour solutionner les défis à venir.

    D'ici 2050, on s'attend à 9 Milliards d'habitants sur terre et La Réunion verra sa population passer de 845 000 habitants à 1,1 Million.

    Les problématiques mondiales sont conséquentes et l'agriculture doit accomplir une part importante du changement annoncé, en pesant sur différents leviers, pour résoudre d'une part :

  • des  diminutions obligatoires telles que les Gaz à effet de serre (GES), les pollutions agricoles (engrais, pesticides, érosions), la concurrence entre alimentation et énergie( produire l'un et l'autre, pas l'un ou l'autre)

et d'autre part :

  • augmenter obligatoirement par deux la production agricole et la production d'énergie, tout en sachant que les surfaces cultivées seront sensiblement les mêmes (pertes par urbanisation et désertification - « gains » par la déforestation).
     

Pour relever ces défis et résoudre ces problèmes, l'agriculture doit :
Augmenter ses rendements – Diminuer ces pollutions
DONC PRODUIRE AUTREMENT

   
Force est de constater que les pratiques agricoles conventionnelles qui se sont imposées depuis la fin de la 2ème Guerre Mondiale, ont permis d'avoir des succès tels que : l'augmentation des rendements, une moindre pénibilité des tâches, un développement des produits agro-alimentaires... assurant le niveau de vie dont nous profitons aujourd'hui (principalement les pays riches).

    Cependant ces acquis sont menacés à cause de ces pratiques, par l'usage ou le mauvais usage des différents outils du travail du sol, des engrais, des pesticides, n'arrivant plus à faire augmenter les rendements même avec des cultures à haut potentiel génétique. Aussi ces pratiques conventionnelles mettent en péril notre environnement, notre modèle de durabilité du monde, à savoir :

  • les services d'approvisionnement : nourriture en quantité et en qualité, l'eau douce, ressource génétique …
  • les services de régulation : régulation du climat, des maladies, de l'eau, purification de l'eau, pollinisation...
  • les services culturels : spirituel et religieux, récréation et écotourisme, esthétique, éducatif, sentiment d'enracinement...

    Ayons cette lucidité et portons cette responsabilité de ce changement de paradigme. Changeons pour une agriculture agro-écologique avec des pratiques connues et éprouvées dont fait partie LA BIO, qui est une référence solide (mais qui devra aussi s'améliorer en retrouvant l’équilibre lié à la biodiversité de l’agro-sylvo-pastoralisme).

 

En soutenant ce mouvement citoyen qu'est le collectif « OASIS RÉUNION » qui prend sa part de responsabilité, nous œuvrons pour ce changement primordial et ambitieux pour l'avenir de tous, ayant pour objectifs le soutien et le développement de l'Agriculture Biologique sur l'Ile de la Réunion, dans le respect des traditions locales, des savoir-faire, de la spécificité des terroirs et de leurs micro-climats.

David Morel, conseiller en Agriculture Biologique à la Chambre d’Agriculture de La Réunion

 

 

 

 

LA BIO à la Réunion en quelques chiffres

En constante augmentation, l'Agriculture Biologique sur La Réunion est représentée par 350 opérateurs dont 291 producteurs, répartis pour 43% sur le Sud, 23% pour l'Ouest, 7% pour le Nord et 25% pour l'Est,

    avec en 2017 / 2018 la moitié des nouvelles installations agricoles en BIO.

     Sur une superficie totale de près de 900 hectares (Bio et conversion), la majorité des systèmes d'exploitation sont à dominante cultures fruitières et/ou maraîchères représentant 50% des surfaces, suivis des PAPAM (Plantes Aromatiques à Parfum et Médicinales, majoritairement vanille) pour 20%, le reste se partage entre les surfaces fourragères et les friches principalement.

    La moyenne de la surface agricole utilisable BIO est de 3,2 ha par exploitation, mais sont incluses les friches et jachères qui représentent en moyenne 1/3 de la surface. Ce tiers déjà certifié, représente un réservoir de production rapidement mobilisable. Ce potentiel de développement constitue un atout important pour la filière.

    Les productions Biologique et conversion représentent 2500 tonnes. Les fruits et légumesatteignent 90% des volumes répartis pour 60% légumes et 40% fruits. Les 10% restants se partagent entre les PAPAM (surtout vanille) et la canne à sucre.

    L'élevage amorce son développement avec principalement la production d'œufs pour un effectif de 2000 à 3000 poules, suivie de l'apiculture avec 1400 ruches.

    Des projets sont en cours de réalisation pour la volaille de chair et au stade étude pour d'autres filières animales.

    Sur le plan économique, les exploitations Biologiques sont de taille moyenne ou petite, assez proches des exploitations traditionnelles / conventionnelles.

    Le système est de type familial, 85% ont un PBS* inférieur à 100 000 euros et 41% un PBS* inférieur à 25 000 euros.

    La dimension économique estimée à partir des PBS* conduit à une estimation de la valeur de la production dépassant 8 Millions d'euros pour la filière.

*PBS : Produit Brut Standard (par défaut le PBS est basé sur les références de l'agriculture conventionnelle) - Agreste ; DAAF de la Réunion - Mars 2017.


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dimanche, 17 juin 2018 07:00

VEYRAT Marc

« OASIS RÉUNION »

Soutien de Marc VEYRAT
Grand chef cuisinier

3 fois 3 étoiles au Guide Michelin, 2 fois 20/20 au Guide Gault et Millau

 

La Nature est notre vraie richesse

Les produits alimentaires ne sont pas des produits comme les autres, ceux qui sont produits à la chaîne par l’homme industriel moderne.

Ils ne peuvent et ne doivent impérativement être que les produits de cette généreuse Nature qui nous offre au fil des saisons une biodiversité d’une infinie variété de couleurs, de textures, de senteurs et de saveurs dont l’agrochimie nous prive aussi regrettablement que dangereusement.

A contrario, l’agrobiologie éthique est une forme d’agriculture qui se veut la moins interventionniste possible, faisant de l’agriculteur bien plus un jardinier accompagnateur qu’un apprenti sorcier non respectueux des cycles naturels et de la diversité des paysages ruraux.

Le vrai paysan sait qu’un équilibre subtil et constant doit être maintenu entre la faune et la flore, dans le respect de l’abeille comme de la coccinelle et du ver de terre, travailleurs infatigables dont le monde végétal ne peut se passer durablement, sauf à utiliser, de façon désastreuse et à très court terme, les poisons de la chimie.

Le bilan de l’utilisation pendant plus d’un demi-siècle de ces produits mortifères est catastrophique : les fertilisants, et les traitements chimiques qui vont de pair, polluent l’eau, l’air, détruisent la vie des sols, la biodiversité, et empoisonnent l’humanité à petit feu.

Dès lors, sans chercher à accabler les agriculteurs de ce système dominant actuel car ils en sont les premières victimes, il est grand temps de changer complètement de modèle ! Pourquoi attendre alors que, comme le prouvent des dizaines de milliers d’agriculteurs sur des centaines de milliers d’hectares, les alternatives au système « conventionnel » sont là, dans toutes les filières agricoles, un peu partout devant nos yeux ?

Alors, oui : « Qu’est-ce qu’on attend ? » comme le dit si bien la réalisatrice Marie-Monique Robin dans son film tourné à Ungersheim en Alsace, juste avant de dénoncer, (après « Le monde selon Monsanto » comme après le professeur Gilles-Eric Séralini) les gravissimes méfaits du Roundup dans son dernier film (et livre éponyme) « Le Roundup face à ses juges » (*) à voir et à lire absolument.

Je me dois, en tant que chef étoilé dans « La Maison des Bois » en Haute-Savoie (**), de soutenir par ma cuisine proche du sauvage ces lanceurs d’alerte qui sont aussi de précieux lanceurs d’avenir, d’une manière viable et durable pour l’homme et sa descendance.

J’ai coutume de dire : « Pour mieux cuisiner, il faut aimer  les autres, aimer faire plaisir et transmettre à nos enfants les bienfaits d'une alimentation saine et naturelle, en respectant notre terre. »

Comment ne pas soutenir aussi toutes les associations qui œuvrent pour le respect du Vivant, telles que le rassemblement de citoyens « Consommateurs pas cobayes ! » qui prône l’arrêt du nourrissage du bétail français avec des aliments OGM (de surcroît en provenance de l’autre bout de la planète avec une empreinte écologique devenue insupportable) ?

Et aussi le mouvement « Oasis Réunion » qui tend à faire de cette si belle île de La Réunion le premier département de France à adopter le « Zéro phyto 100% bio » avec une bio locale, éthique, équitable, et adaptée à des traditions propres à ses terroirs.

Je trouve admirable ce projet de sauver une des plus belles biodiversités de la Planète d’une façon aussi radicale, qui se veut à la fois exemplaire pour toutes les autres régions de France, de métropole ou d’outre-mer, mais aussi pour tous les pays du Monde.

Son nom « Oasis » l’évoque si bien, puisqu’il représente une vie luxuriante véritablement miraculeuse dans un environnement désertique…

C’est donc avec un grand plaisir, une sincère reconnaissance, et beaucoup d’espoir, que je signe et appelle à signer ces deux campagnes dont la réussite constitue une formidable avancée pour la santé de nos concitoyens mais aussi pour l’humanité toute entière.

Marc Veyrat
Grand chef cuisinier

3 fois 3 étoiles au Guide Michelin, 2 fois 20/20 au Guide Gault et Millau

www.marcveyrat.fr

 

(*) « Le Roundup face à ses juges », le film :

https://m2rfilms.com/le-roundup-face-a-ses-juges

« Le Roundup face à ses juges », le livre : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_Roundup_face____ses_juges-9782707197399.html

 

(**) La Maison des Bois, Col de la Croix-Fry, 74230 MANIGOD  www.marcveyrat.fr


 

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vendredi, 08 juin 2018 13:26

PAYET Patrice

« OASIS RÉUNION »

Soutien de Patrice PAYET,

Un Réunionnais qui aime ses racines multiples et qui a confiance
Directeur du Conservatoire d’Espaces Naturels de La Réunion

 

            L’île de La Réunion, avant d’entendre les premières voix humaines sur son sol, était déjà l’esquisse avancée d’un paradis. Elle en a l’allure, les parures, l’odeur et le goût…il ne lui en a manqué « que » le destin ! En effet, depuis sa première occupation, cette terre-théâtre a longtemps entendu la fureur de la domination esclavagiste. L’époque coloniale post-abolitionniste a continué de tisser l’incapacité dans les consciences de ceux dont les bras et le dos portaient l’économie de la monoculture coloniale.

            Entre la soumission apprise et l’ignorance organisée, nous étions devenus un peuple de travail forcé, alors que nos connaissances agronomiques et nos pratiques culturales instinctivement aiguisées, nous permettaient de retirer de notre sol une richesse alimentaire suffisante. Un homme qui assure en autonomie sa nourriture vitale est potentiellement un homme caressé par l’émancipation et la responsabilité ; mais la colonie était un cadre où cette promesse, combattue par nature, s’évaporait dans les impossibles.

            Après la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture réunionnaise mimera, toute proportion gardée, celle de la mère-patrie, en y recourant notamment à l’agrochimie, et au machinisme, dans un contexte de monoculture cannière. Personne ne serait légitime à en faire le reproche aux agriculteurs locaux, car ce modèle a toujours été perçu et enseigné comme LA solution. En effet, il a eu le mérite de vouloir répondre aux nécessités d’une époque. A présent, notre monde change, des menaces nouvelles contre le vivant se multiplient…les enjeux mutent ! L’état de santé de la population de l’île nous commande d’agir. Une bonne nouvelle : La Réunion du 21è siècle peut devenir cet espace-temps qui réserve un sort digne aux femmes et hommes qui savent faire jaillir du sol tous les nutriments savoureux et indispensables à la santé de toutes les formes du vivant. Nos outils fondamentaux sont là : l’intelligence, l’énergie, l’attention, l’observation, la réflexion, l’intention et …l’amour ! Pour peu que notre sagesse nous conduise à accueillir la main tendue par notre alliée de toujours : notre précieuse forêt … qui ne demande qu’â être accompagnée et imitée.

            Ne nous trompons pas sur la nature du manifeste OASIS REUNION, initié et co-animé par Bernard ASTRUC. Il n’a pas pour vocation d’être un projet global ficelé et écrit de la « métropole », pour répondre aux défis d’une société réunionnaise fortement scarifiée par les effets de la mondialisation. Sa force réside dans le partage généreux des convictions universelles, des briques essentielles, et des solutions expérimentées par l’humanité à plusieurs visages. C’est une invitation qui crie le bon sens et la cohérence !

            L’objectif est que la terre réunionnaise assume à nouveau sa responsabilité vivrière par une méthode complètement naturelle, et protectrice du vivant, allant du sol au ciel !

            Tout reste donc encore à faire : et c’est une chance ! Désormais, il appartient aux Réunionnais, dans leur diversité culturelle aussi exemplaire que singulière, de tenir le stylo du destin, pour écrire l’avenir de ce volcan cultivable. Il ne s’agit surtout pas de rejeter l’apport des autres… bien au contraire ! Les soutiens locaux, nationaux et internationaux sont une grâce. Cette conjugaison nous oblige, et sa réussite implique que la parole libérée des acteurs réunionnais soit simplement respectée : non une parole caution, mais un verbe entendu comme l’expression légitime  d’un essaim d’âmes qui dit son envie de société avec la vibration de son cœur. Cela, dans le respect d’un long travail savamment initié par nos ascendants, déjà  porteurs d’une logique agro-écologique.

            Là, il y a un enjeu de dignité qui, à terme, aura la vertu de redonner ce qui n’aurait jamais dû nous quitter : la confiance en nous ! Toute société, notamment celle construite dans la matrice coloniale, ne peut pas vivre un développement humain abouti, si ses enfants ne l’ont pas rêvé, et n’apprennent pas à le penser, puis à le conduire. C’est à ce prix que l’humain apprend la station debout. Loin de faire injure à l’unité républicaine, dire cela, c’est précisément consolider les appuis locaux d’une certaine idée de la nation. Car la nation se consolidera sur des responsabilités et intelligences locales.

            A La Réunion, le pire serait que ce manifeste se trompe de « combat », car le cœur de la mission est de promouvoir une cause, la santé, dans le respect du vivant… et non de combattre des acteurs. Autrement dit, notre énergie servira POUR et non CONTRE. A La Réunion, l’agriculture de la santé ne se fera pas uniquement avec des « bios » qui seraient les gardiens du « bien », contre les « conventionnels » , voire « raisonnés », qui seraient l’incarnation du « mal » ! Ce manichéisme serait trompeur car simpliste. Nous tous, ensemble, avec discernement, pouvons et devons dialoguer, nous comprendre, reconstruire la confiance, pour réfléchir au destin collectif. Même si cela devait passer par une phase classique d’incompréhension, cet exercice incontournable est devant nous. Naïveté ? Ma conviction lucide est que les acteurs réunionnais sont désormais capables de transcender les contradictions apparentes, pour s’entendre sur ce qui conditionnera notre survie, d’abord sur le plan vital, mais aussi économique, sociétal et culturel.

            Le génie réunionnais recèle des surprises résilientes, et l’histoire nous le montre quotidiennement. Sur ce chemin, un cortège d’atouts jalonnent notre voyage : la diversité de notre patrimoine naturel indigène et endémique, l’arbre, l’oiseau, l’insecte, l’eau pure de nos rivières, la majesté de nos paysages, l’océan Indien et ses pays,  sans oublier la manière réunionnaise de faire peuple et de faire respirer paisiblement l’identité des hommes et des femmes qui le nourrissent. Ce sont des recours fiables, fidèles, robustes, qui forcent le respect. Sachons nous en inspirer jusqu’à perdre soif ! L’oublier serait un recul funeste… se les rappeler et les placer au cœur du projet, signerait assurément un épanouissement inédit. Comme on le dit ici : « nou tyinbo ansanm, nou larg pa lo kor ! » 1.

            Pour toutes ces raisons, je suis signataire du Manifeste « Oasis Réunion ».

Patrice PAYET

Un Réunionnais qui aime ses racines multiples et qui a confiance

Directeur du Conservatoire d’Espaces Naturels de La Réunion
http://www.reseau-cen.org/fr/la-reunion

mardi, 20 mars 2018 03:54

CHAULET Edouard

« OASIS RÉUNION »
Soutien d'Edouard CHAULET
Maire de BARJAC (Gard)
mars 2018

 

Les activistes de « Oasis Réunion » ont à cœur les gens de maintenant et de demain, et le patrimoine naturel de leur île bénie.

Ils savent que l'exploitation des forces du sol et des chances naturelles équivaut à un gaspillage, voire à un suicide. Ils savent que le bulletin de vote ne fait pas tout, et que chaque personne détient d'autres pouvoirs. Le pouvoir de l'achat intelligent, le pouvoir d'instruire dès leur jeune âge les enfants sur l'aliment (la cantine bio est une décision politique des conseils municipaux), le pouvoir de faire jardin, le pouvoir de l'assiette...

Composer son menu, c'est piloter l'agriculture et peindre un paysage alentour. Je ne comprends pas qu'un pays où un crayon à papier piqué en terre pourrait devenir arbre fasse venir du bout du monde ses tartines. Il a le pain, le beurre et le couteau sur place. Il est temps de retourner à l'envoyeur sa chimie maléfique, ses congélateurs qui font pleurer les saisons, de remplacer la bouffe par des repas fraternels et bio.

Parce qu'au jardin d'Eden, à la Réunion, on n'épluche pas les pommes... et que l'avenir doit avoir lieu !

 

Edouard CHAULET

Maire de BARJAC
www.barjac.fr

 

Barjac (30430) est une commune du Gard passée au 100% bio en restauration collective depuis une dizaine d’années : une aventure racontée dans le film de Jean-Paul Jaud : « Nos enfants nous accuseront »(2008).

Edouard Chaulet, Maire de Barjac, intervient dans le film « Zéro phyto 100% bio », le documentaire des cantines bio et des villes sans pesticides de Guillaume Bodin, sorti le 31 janvier 2018.


 

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jeudi, 15 février 2018 03:32

RABHI Pierre

« OASIS RÉUNION »
Soutien de Pierre Rabhi
février 2018

Chères amies, chers amis, bien chers tous,
 
   En 1995, insurgé contre la civilisation hors-sol, sa dissipation des ressources naturelles et son aliénation de l’être humain, j’ai lancé le Mouvement Oasis en Tous Lieux, afin d’encourager la création de lieux de vie solidaires et écologiques. Depuis, la problématique n’a fait que s’accentuer.
Ce projet Oasis est désormais piloté pour bonne partie par le Mouvement Colibris.
 
   Face au monde en délitement qui m’apparait tel un grand désert social, nous sommes de plus en plus nombreux à nous réjouir de ces initiatives. Des oasis de vie se multiplient, répondant à des besoins émergeant de répondre par nous-mêmes à nos nécessités vitales, de nous relier à nos semblables et à la nature. Ainsi, des milliers de créatifs s’affairent à construire les alternatives sur lesquelles le futur pourra s’appuyer. Que ce soit en termes d’agriculture vivrière, de sobriété énergétique, d’éco-construction, de mutualisation et d’échange de biens et de services, de convivialité et d’entraide, d’éducation alternative abolissant la compétitivité pour la solidarité, ces lieux de vie ou de transmission expérimentent de nouvelles manières d’être et d’agir afin de retrouver le respect et l’indispensable coopération avec la vie. En plein désert, l’oasis est cet îlot vivant que l’homme a su faire fleurir de ses mains en recréant une synergie au sein des différents maillons de l’écosystème et des différents éléments indispensables au vivant : terre, eau, chaleur, ombre…
 
   Dans une société qui confisque de plus en plus aux citoyens la capacité de répondre par eux-mêmes à leurs besoins majeurs, il me semble impératif, partout où cela est possible, d’œuvrer pour que l’autonomie alimentaire puisse redevenir l’assise de toute autre activité sociale. Cultiver son jardin a toujours été pour moi un acte de légitime résistance, de reconquête de notre souveraineté.
 
   Ainsi, en vingt ans, le nombre d’éco-lieux n’a fait que s’amplifier comme une réponse au déclin du système actuel. La multiplication des alternatives de ce type est magnifique, c’est pourquoi j’apporte tout mon soutien au projet Oasis Réunion qui a pour objectif de faire de l’île de La Réunion la première oasis écologique de l’Océan Indien.

 

Pierre Rabhi

 

Paysan, écrivain et penseur français d’origine algérienne, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agriculture écologique en France.
 
Il est notamment à l’origine des Oasis en Tous Lieux, du Mouvement des Colibris, de Terre & Humanisme, …

 

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dimanche, 12 novembre 2017 06:32

DESBROSSES Philippe

« OASIS RÉUNION »

Soutien de Philippe DESBROSSES
agriculteur, scientifique, écrivain français

« NOTRE AVENIR EST ENTRE NOS MAINS »

 

Je soutiens sans réserve le rassemblement citoyen nommé « OASIS RÉUNION » dont l'objectif est de : 

« Faire tous ensemble de La Réunion la 1ère oasis agro-bio-socio-écologique de l’Océan Indien »

ceci, bien sûr, dans le respect des traditions culturales, des usages locaux, et des variétés végétales et animales adaptées aux différents terroirs de l'île.

 

Le contexte :

Mon analyse devant le spectacle déroutant des institutions complices objectives du monde « affairiste » qui détruit la planète, est que si les Gouvernements, paralysés par tous les corporatismes et les jeux stérilisants de la politique, n’ont pas l’énergie nécessaire pour un ultime sursaut dans la bonne direction, alors la société civile n’a plus rien à attendre pour son salut que de s’emparer elle-même des moyens de réaliser son destin sans attendre l’aval de ces institutions...

Je crois, de plus en plus, que c’est le rôle et le devoir de la société civile de s’emparer de toutes les opportunités pour instituer sans attendre la Règle du BIEN COMMUN. C’est une forme d'action insurrectionnelle, je le reconnais, mais c’est ce que nous devons tenter de faire avec des citoyens clairvoyants, constitués en une coalition conquérante pour construire ce monde de paix et d’abondance loin des intrigues des puissances économiques qui travaillent contre les populations, et surtout nous devons assurer un avenir à nos enfants et petits-enfants.

Nous devons faire appel dès maintenant à tous les citoyens lucides et courageux de cette minorité, prête à s’engager dans la mission de la dernière chance…

La dernière chance c’est la capacité de mettre en œuvre le modèle alimentaire durable qui va permettre à la vie sur terre de se maintenir...

Quel avenir pour l'Agriculture face aux enjeux alimentaires et environnementaux du 21ème siècle ?

Il se pourrait que la partie puisse se jouer à l'issue des États Généraux de l'Alimentation, soit directement par de bonnes décisions politiques avec la prise en compte du Manifeste de la consom'action (à lire ici) soit par réaction de citoyens consom'acteurs qui sauront provoquer, par une grande pétition nationale, le choix d'une « Alimentation et d'une Agriculture durables » en référence au principe de l'écosystème forestier.

Les fondamentaux :

Toute vie sur terre repose sur la plante verte qui est de l’énergie solaire condensée.

Pendant des millénaires les systèmes se sont reproduits et perpétués sur la capacité des végétaux à transformer l’énergie solaire pour la rendre assimilable à l’ensemble du monde vivant. 

A titre indicatif la capacité de production de l’écosystème terrestre est chaque jour 2500 fois plus importante que la consommation mondiale d’électricité, toutes énergies confondues …

Cette capacité des végétaux à produire des ressources indispensables et notamment la majeure partie des matières premières renouvelables, dont la plus importante est la nourriture, donne à l’agriculture une position unique dans le concert des activités humaines indispensables à la pérennité de nos ressources alimentaires et à la santé publique.

Le problème est : comment éviter le naufrage du Titanic agro-industriel dont le programme de libre-échange mondial, en détruisant les agricultures paysannes, provoque déjà la plus grande migration de réfugiés que n’ait jamais connu la planète et une vague de maladies de dégénérescence sans précédent ?

L’un des gigantesques enjeux du XXIème siècle est de nourrir sainement et économiquement une population mondiale en constante expansion alors que les ressources planétaires s’amenuisent, notamment les ressources en terre arable et les ressources en eau, et peut-être aussi, surtout, les connaissances traditionnelles, libres d’accès, et les « savoir-faire » adaptés naturellement aux conditions locales et aux besoins des êtres vivants.

Nous savons depuis toujours que pauvreté et dégradation de l’environnement vont de pair avec leurs conséquences tragiques de migrations, de guerres et d’épidémies.

Il faut d’urgence inverser la tendance et redonner priorité aux agricultures paysannes, vivrières, biologiques, respectueuses des terroirs et des ressources et beaucoup plus efficaces économiquement, écologiquement et humainement que l’agriculture industrielle dont les coûts externes et les méfaits sont d’ores et déjà devenus insupportables !

Philippe DESBROSSES

agriculteur, scientifique, écrivain français
docteur en sciences de l’environnement,
Il est un des pionniers de l'agriculture biologique en Europe
www.fermedesaintemarthe.com
www.intelligenceverte.org
Soutenez le projet Biofermes pour faire germer des petites fermes agroécologiques et autonomes !


 

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lundi, 23 octobre 2017 03:50

De SCHUTTER Olivier

« OASIS RÉUNION »

Soutien d’Olivier De Schutter
ancien Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation
co-président du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables IPES-Food

« Nourrir la Terre pour nourrir les Hommes »

Utopique, le projet « Oasis Réunion » l’est sans doute. Mais il ne l’est pas au sens où cette utopie serait de l’ordre du fantasme, de l’inatteignable, et donc inutile à nourrir l’action. Son utopisme part d’une réalité concrète, celle d’une île dont la beauté naturelle constitue l’atout majeur, dont la biodiversité est encore exceptionnelle, et dont l’identité même dépend de ce que celle-ci et celle-là soient préservées. Dans d’autres régions, j’ai pu voir combien la beauté des paysages et la prise de conscience, par les habitants du territoire, de la fonction de ceux-ci dans le vivre-ensemble a pu aider à constituer le sens même de la communauté, participer donc à la création de liens sociaux et à la construction même de l’action collective. « Oasis Réunion », en ce sens, est une opportunité à saisir pour que l’identité de l’île soit redéfinie, et pour que ses habitants et les pouvoirs publics se focalisent sur la mission de réaliser cette utopie concrète. 

La sortie de l’agriculture chimique et le passage à ce que Bernard Astruc appelle l’agrobiologie — qui n’est pas très éloignée de l’agroécologie que je défends pour ma part — est urgente. L’urgence n’est pas seulement environnementale. Des études de plus en plus nombreuses convergent pour mettre en avant les liens entre la diversité dans l’agriculture et la diversité dans l’alimentation, et pour souligner les liens entre une agriculture respectueuse des écosystèmes et une agriculture qui nourrit les hommes et les femmes.  A la diversité dans les parcelles correspond la diversité nutritionnelle, et la santé des sols a des répercussions directes, mesures, sur la qualité nutritionnelle des aliments. Or, de même que la biodiversité réunionnaise est menacée aujourd’hui, la santé de ses habitants est mise en danger par le repli sur une alimentation trop riche, comprenant trop d’aliments transformés — à forte teneur en calories mais à faible teneur en micronutriments essentiels, et surtout peu équilibrée. Les taux de surpoids et d’obésité, les maladies non transmissibles, dont le diabète, qui y sont liées, relèvent typiquement de la double peine: après avoir menacé l’environnement, l’agriculture chimique menace la santé. Il faut y résister, et cette résistance peut être un projet auquel la communauté des Réunionnais peut adhérer et dans lequel elle peut se reconnaître. 

Enfin, si « Oasis Réunion » vient à son heure, c’est aussi parce que l’agriculture et l’alimentation ne sont pas seulement affaire de lien avec les écosystèmes et ne satisfont pas seulement à des besoins physiologiques: elles touchent aussi aux liens entre les personnes et sont affaire de culture et de civilisation. Un des miracles de la Réunion, c’est bien d’avoir réussi à faire coexister, dans un climat de paix et de tolérance, des personnes d’origines et de croyances religieuses si diverses. Le projet « Oasis Réunion », s’il peut être conçu de manière participative et si chacun des habitants de l’île peut s’en sentir dépositaire et co-responsable, peut encore renforcer cette convivialité et la solidité des liens qui caractérisent le territoire et contribuent à sa résilience.

C’est, pour lui, le vœu que je forme.

Olivier De Schutter est professeur à l’Université catholique de Louvain.

Il a été entre 2008 et 2014 le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation www.srfood.org/fr

Il est à présent co-président du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables IPES-Food www.ipes-food.org

Il est également membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU.

 


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