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Les commentaires point par point d'Oasis Réunion

en réponse aux déclarations d'Olivier Fontaine secrétaire général de la CHAMBRE d'AGRICULTURE de La Réunion dans un article paru dans Le Quotidien le 4 février 2021 https://www.lequotidien.re/actualites/region/agriculture-oasis-reunion-attend-des-moyens-concrets-pour-une-autonomie-alimentaire-durable/

 

La citation :

La chambre d’agriculture observe toutefois avec réserve les avis qui émanent d’Oasis Réunion. «  Nous voulons écouter les consommateurs, indique Olivier Fontaine, secrétaire général de la chambre d’agriculture. Mais la chambre se montre déjà très active sur les questions de l’autonomie alimentaire et du bio. Dans ce domaine, nous avons renforcé les effectifs pour mieux accompagner les agriculteurs. Et, il ne faut pas se tromperLa canne à sucre fera partie intégrante de l’avenir de l’agriculture réunionnaiseEnlever des hectares de canne pour en faire des cultures vivrières ne me semble pas pertinent car les besoins en surface ne sont pas si grands que çaLa canne et l’autonomie alimentaire sont compatibles. »





Nos réponses point par point :

« Nous voulons... Mais... »

C'est ce que nous dit la Chambre d'Agriculture par la bouche de son Secrétaire Général !

Et c'est bien ce que ressentent les consommateurs depuis de trop longues années : entre le discours, les intentions, et la réalité de la mise en œuvre de la transition écologique, de la conversion de l'agriculture. Or il s'agit de passer résolument d'une pratique agrochimique polluante et malsaine à une pratique vertueuse, exempte de polluants, intrants chimiques, pesticides, OGM, semences, poussins tous importés sur l'île ; autrement dit de promouvoir « effectivement » et « efficacement » une agriculture biologique tant attendue par les consommateurs (95% dans le dernier sondage d'Oasis Réunion), conscients du mal qui a été fait et des conséquences gravissimes sur les milieux naturels, l'eau, la biodiversité, le réchauffement climatique...et la santé de toutes et tous, agricultrices et agriculteurs compris.e.s.


« renforcé les effectifs »

Certes ils ont été semble-t-il doublés en 2019, d'ailleurs après que des représentants d'Oasis Réunion aient rencontré le Président de la Chambre d'Agriculture en faisant état de leurs préoccupations quant à l'accompagnement des agriculteurs en conversion : l'effectif est passé de 1 à 2 sur une quarantaine de techniciens... Pour un peu plus de 15 000 chefs d'exploitations agricoles à La Réunion sur 7 000 exploitations dont plus de la moitié est investie dans la culture de la canne à sucre, 1ère consommatrice de Roundup et autres pesticides qui font de notre département le 2ème importateur national de ces produits aujourd'hui condamnés par les instances scientifiques et médicales et en passe d'être inévitablement retirés du marché européen. C'est à un autre effort que nous nous attendons, pas seulement de la part de la Chambre d'Agriculture mais aussi des collectivités et de l'État pour relancer la machine en termes de formation, d'accompagnement technique, administratif et financier et aussi d'emploi : afin de véritablement assurer à grands pas cette conversion agricole et donner à la population l'assurance d'un approvisionnement sain, suffisant et durable, et donc 100% bio et local, issu d'une agriculture paysanne.



« il ne faut pas se tromper »

Tout à fait, c'est bien ce que pensent les consommateurs ! Entre autres ceux qui ont signé le manifeste d'Oasis Réunion depuis 2017. Quel avenir pour l'agriculture nationale et européenne, pour la planète entière ? Quel avenir pour La Réunion, avec ses 900 000 habitants, ses 250 000 hectares dont seulement 5 000 de cultures maraîchères et fruitières et plus de 22 000 de canne à sucre ? Le gouvernement français l'a fixé en 2019 : 

  • Zéro carbone : des territoires « bas carbone » ;
  • Zéro déchet : des sociétés économes, voire préservatrices des ressources ; 
  • Zéro polluant agricole : des sols et des populations protégés des pollutions et des substances chimiques ;
  • Zéro exclusion : des sociétés inclusives luttant contre toute forme d’exclusion ; 
  • Zéro vulnérabilité : des territoires résilients face au risque de pénurie alimentaire, au changement climatique, et aux risques naturels. 


C'est la Trajectoire Outre-Mer dite 5.0 ! (*) Nous y sommes et effectivement il ne faut pas se tromper : l'urgence est là et la crise sanitaire du COVID-19 et autres maux à grande échelle dont souffre l'humanité du XXIème siècle sont là pour nous le rappeler sans cesse.

Et La Réunion, par ses instances décisionnelles, ses élus, ses institutions publiques et ses organisations professionnelles, ses exploitations et ses entreprises, devrait-elle s'entêter dans des choix de production, d'investissement, d'aménagement, de gestion et de programmation qui sont à l'opposé de cette orientation, de cette trajectoire vertueuse ? N'oublions pas les 4 objectifs des États Généraux de l'alimentation. (**)


Il ne faut pas se tromper, nous en sommes bien d'accord ! 

 
 
 
« La canne à sucre fera partie intégrante de l’avenir de l’agriculture réunionnaise »

Pourquoi pas, dirons-nous? Mais de quelle canne s'agit-il, de quel sucre ? Celle qui détruit nos sols et notre vie, nous avons dit non, plus jamais ! Celui qui enrichit ses producteurs, lesquels ? Coopératives nationales et multinationales, transporteurs-importateurs-exportateurs, ou petits planteurs qui sont la masse active héritière des anciens esclaves des siècles passés ? 

S'il peut y avoir un avenir pour la culture de la canne, elle ne peut être que saine et suffisamment rémunératrice pour les agriculteurs, libérés de la dépendance des subventions sans cesse à renégocier et des emprunts bancaires comme chaîne à la patte et au cou ! 

De la canne bio pourquoi pas, des sucres riches de tout leur potentiel nutritif pour la consommation locale et la transformation des produits de la terre, certainement !

De la canne fibre-énergie, pour brûler dans les chaudières, qui engage l'île pour encore des décennies dans l'importation de granulés de bois venus des continents lointains ? Comme voilà une île, un territoire « bas-carbone » !


« Enlever des hectares de canne pour en faire des cultures vivrières ne me semble pas pertinent car les besoins en surface ne sont pas si grands que ça. »

Enlever à la canne et à son image ses « vertus » polluantes et destructrices, est-ce condamnable ? Et des cultures vivrières pour quoi faire ? 

La priorité des priorités n'est-elle pas pour un territoire, une terre, des sols, de nourrir sainement et suffisamment, de façon durable, leur population ? 

L'auto-suffisance alimentaire durable (***), qui plus est dans la situation que la crise sanitaire nous impose, s'avère être le seul vrai objectif à garantir : le confinement, c'est à dire l'isolement, c'est ce dont nous prenons aisément conscience dans une île en plein océan. 

Une rupture d'approvisionnement et c'est la catastrophe : pénurie, perturbations sociales, et jusqu'à la famine si le manque s'inscrit tant soit peu dans la durée et même la courte durée! Imaginons aujourd'hui notre île coupée du monde pendant 3 mois : que devenons-nous ? Directement ou indirectement, 99% de ce que nous consommons en produits alimentaires est importé ou lié à l'importation (2019 : sondages et enquête Oasis Réunion). L'impératif de produire local pour pouvoir consommer local est au présent ; et celui de consommer une nourriture saine, exempte de polluants, est tout aussi présent : seule la production, l'agriculture biologique « Péi » répond à ces 2 critères. C'est le « bio et local ».

Et pour ce faire, les besoins en surface ne seraient pas si grands que ça ? Ne nous en tenons pas seulement aux mots, mais décortiquons le problème ! C'est ce que Oasis Réunion a fait dans sa « Radioscopie de La Réunion en 7 points capitaux », en particulier dans ses 4 premiers points : https://oasis-reunion.bio/actualite/radioscopie-reunion/887-radioscopie-reunion

La conclusion, c'est que seulement 1 500 hectares sont cultivés en bio à La Réunion, soit environ 3% des Surfaces Agricoles Utilisées.
20% de la SAU est dévolue à l'élevage, et en particulier bovin ; 10% au maraîchage et aux cultures fruitières non-bio.
Et plus de 50% sont consacrés aux cultures industrielles, en majorité celle de la canne à sucre en agrochimie. 
La production actuelle représente, en tenant compte du gaspillage, à peine 15% de la consommation des familles réunionnaises. Pour nourrir 900 000 habitants, plus d'un million en 2030, c'est la totalité des terres aujourd'hui cultivées qui devrait dans ces conditions être affectée aux cultures vivrières ! Le fossé est considérable et d'évidence le besoin en terres qui devraient être affectées à ces cultures vivrières est très grand...


« La canne et l’autonomie alimentaire sont compatibles. » 

Oui... mais... dirons-nous avec le Secrétaire Général de la Chambre d'Agriculture; mais dans quelles proportions ? Tout sera question de faire les choix qui s'accordent avec les urgences et les impératifs de notre époque et des décennies à venir, pour le bien-être des générations présentes et futures.

Le 11 février 2021


Comité de pilotage du Collectif « Oasis Réunion »
https://oasis-reunion.bio/
https://www.facebook.com/oasis.reunion.bio/
https://www.facebook.com/CampagneGlyphosateReunion/

https://www.twitter.com/OasisReunionBio
 

(*) TRAJECTOIRE OUTRE-MER 5.0 
lancée par le gouvernement le 8 avril 2019
dont particulièrement l'objectif du « zéro polluant agricole » :

 

(**) LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE L'ALIMENTATION
conçus dans le respect du cahier des charges de l'Agriculture Biologique

 

 

(***) Autosuffisance Alimentaire Durable
= la PRIORITÉ DES PRIORITÉS.

Une agriculture « durable » est une agriculture qui permet de couvrir 
les besoins alimentaires des présentes générations 
sans compromettre la faculté de couvrir 
les besoins alimentaires des futures générations .

 

« Plus grave que la pandémie sanitaire : la pénurie alimentaire »
Avec Oasis Réunion, visons l'autosuffisance alimentaire durable

et approuvons son Manifeste sur https://oasis-reunion.bio/

 

 

Campagne La #BELLVi #BioEkLokalLéVital

Campagne La #BELLVi #BioEkLokalLéVital à signer sur https://oasis-reunion.bio/
 
 

« Il est possible de nourrir la France en se passant des pesticides et des engrais de synthèse. Et on préserve ainsi les ressources en eau et la biodiversité, tout en émettant deux fois moins de gaz à effet de serre »
Gilles Billen, directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique CNRS

 
 
 
« Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas, mais parce qu'on n'ose pas qu'elles sont difficiles »
Sénèque
 
 
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